Prose poétique
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Vapeur qui ne fait pas de nuages
Agnès De Malvori
Elle s’était planté ses ongles dans les paumes.
Quand les larmes lui effleurèrent les doigts, elle rouvrit les mains.
Elle regarda avec une angoisse tendre les marques qu’elles avaient laissées, releva la tête et le regarda.
Lui, pendant ce temps, ruminait tous les jours de pluie qu’il avait passés enfermé dans sa chambre. Quand elle baissait la garde, il les lui renvoyait, comme un tir en plein cœur :
— Tu ne peux pas me faire ça. Pas toi. Tu ne peux pas me faire ça.
C’est là, dans cette pluie croisée de reproches, qu’elle comprit que oui : c’était déjà fait.
Elle était déjà partie.
Il ne restait là que les dents crispées sur les lèvres,
Les chemins salés qu’une mer de culpabilité traçait sur ses joues,
et l’orage qui viendrait ensuite.
Celui qui la nouait en spasmes au réveil,
et qui ensuite lui versait le café, les lèvres encore brûlantes,
celui qui faisait naître des nuages avec ses soupirs.
Celle qu’elle avait été n’était plus.
La fille qui jouait à cache-cache dans ses siestes était partie.
Elle s’était enfuie pieds nus, avançant sur la pointe des pieds.
sans regarder ce qu’elle laissait derrière elle,
pendant que lui peignait la chambre en couleur routine.
Elle était partie sans mots et sans avertissements.
Le jour où la monotonie s’était allongée entre eux sur le canapé,
elle avait fait la valise dans sa tête et s’était envolée.
Comme quelqu’un qui refuse d’attendre que le bateau coule,
comme quelqu’un qui, faute de parachute, s'éjectera de l’avion.
Il ne resta que son corps immobile
une tasse de café glacée, attendant un geste d’affection sur le plan de travail
La trace d’une étoile éteinte
le fantôme des gémissements qui réclamaient de l’aide il n’y a pas si longtemps
Les clés dans l’entrée, à côté de l’accusé de réception de la capitulation.
Quand les larmes lui effleurèrent les doigts, elle rouvrit les mains.
Elle regarda avec une angoisse tendre les marques qu’elles avaient laissées, releva la tête et le regarda.
Lui, pendant ce temps, ruminait tous les jours de pluie qu’il avait passés enfermé dans sa chambre. Quand elle baissait la garde, il les lui renvoyait, comme un tir en plein cœur :
— Tu ne peux pas me faire ça. Pas toi. Tu ne peux pas me faire ça.
C’est là, dans cette pluie croisée de reproches, qu’elle comprit que oui : c’était déjà fait.
Elle était déjà partie.
Il ne restait là que les dents crispées sur les lèvres,
Les chemins salés qu’une mer de culpabilité traçait sur ses joues,
et l’orage qui viendrait ensuite.
Celui qui la nouait en spasmes au réveil,
et qui ensuite lui versait le café, les lèvres encore brûlantes,
celui qui faisait naître des nuages avec ses soupirs.
Celle qu’elle avait été n’était plus.
La fille qui jouait à cache-cache dans ses siestes était partie.
Elle s’était enfuie pieds nus, avançant sur la pointe des pieds.
sans regarder ce qu’elle laissait derrière elle,
pendant que lui peignait la chambre en couleur routine.
Elle était partie sans mots et sans avertissements.
Le jour où la monotonie s’était allongée entre eux sur le canapé,
elle avait fait la valise dans sa tête et s’était envolée.
Comme quelqu’un qui refuse d’attendre que le bateau coule,
comme quelqu’un qui, faute de parachute, s'éjectera de l’avion.
Il ne resta que son corps immobile
une tasse de café glacée, attendant un geste d’affection sur le plan de travail
La trace d’une étoile éteinte
le fantôme des gémissements qui réclamaient de l’aide il n’y a pas si longtemps
Les clés dans l’entrée, à côté de l’accusé de réception de la capitulation.
Ici, on lit et on écrit des histoires courtes
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