Poème
1 min
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Elle s’en va dans les bois...
Floriane BIEM
Elle s'en va dans les bois car elle veut lire sans hâte
Elle caresse le grand livre doré
La couverture de cuir craque sous ses mains délicates
Comme une porte qui lentement s'ouvre et se fait désirer
Laisse entrevoir un univers nouveau
Qui l'attend.
Impatient.
Elle feuillette les pages jaunies par le temps
Respire l'odeur du papier vieilli
Écoute les secrets du grenier
Les soupirs des jouets oubliés.
Elle câline une page qui se plie, coquette, sous son regard
Page coquette, page acérée
S'amuse des tâches vermillon qui l'habillent de rubis
Coquelicots fleuris n'ont pas eu le temps de périr.
Elle saigne et goûte.
L'encre coule dans ses veines.
Elle effleure chaque lettre
Elle affleure chaque mot
Ces phrases qui émerveillent
Ces phrases qui rient, pleurent, hurlent
Ces phrases qui blessent.
Les lettres se brouillent entre les larmes chaudes
Larmes de joie. C'est beau.
Larmes de chagrin. C'est si beau.
Elle serre le livre contre elle
L'inspire, le respire
S'emplit du soleil, des violettes, des abricots
La Provence de Barjavel
Elle se réchauffe d'amour et se tord de douleur
Quand les enfants de l'aube se séparent au crépuscule
Elle s'en va dans les bois
Car elle veut vivre sans hâte
Elle s'en va dans les bois
Car elle veut lire sans hâte
Elle veut lire intensément
Elle lit
Elle vit
Mais déjà, les trois lettres de fin condamnent le roman.
Petite mort
Sur la pointe des pieds, elle s'accroche à la bibliothèque et attrape.
Qu'importe
Pourvu qu'elle comble ce vide
Au loin, le soleil se couche
La lumière tombante parsème de paillettes les particules de poussière.
Elle ne les voit pas
Elle n'est plus là
Elle caresse le grand livre doré
La couverture de cuir craque sous ses mains délicates
Comme une porte qui lentement s'ouvre et se fait désirer
Laisse entrevoir un univers nouveau
Qui l'attend.
Impatient.
Elle feuillette les pages jaunies par le temps
Respire l'odeur du papier vieilli
Écoute les secrets du grenier
Les soupirs des jouets oubliés.
Elle câline une page qui se plie, coquette, sous son regard
Page coquette, page acérée
S'amuse des tâches vermillon qui l'habillent de rubis
Coquelicots fleuris n'ont pas eu le temps de périr.
Elle saigne et goûte.
L'encre coule dans ses veines.
Elle effleure chaque lettre
Elle affleure chaque mot
Ces phrases qui émerveillent
Ces phrases qui rient, pleurent, hurlent
Ces phrases qui blessent.
Les lettres se brouillent entre les larmes chaudes
Larmes de joie. C'est beau.
Larmes de chagrin. C'est si beau.
Elle serre le livre contre elle
L'inspire, le respire
S'emplit du soleil, des violettes, des abricots
La Provence de Barjavel
Elle se réchauffe d'amour et se tord de douleur
Quand les enfants de l'aube se séparent au crépuscule
Elle s'en va dans les bois
Car elle veut vivre sans hâte
Elle s'en va dans les bois
Car elle veut lire sans hâte
Elle veut lire intensément
Elle lit
Elle vit
Mais déjà, les trois lettres de fin condamnent le roman.
Petite mort
Sur la pointe des pieds, elle s'accroche à la bibliothèque et attrape.
Qu'importe
Pourvu qu'elle comble ce vide
Au loin, le soleil se couche
La lumière tombante parsème de paillettes les particules de poussière.
Elle ne les voit pas
Elle n'est plus là
Ce texte a été rédigé par un(e) étudiant(e) ayant participé à l'atelier d'écriture de création "Écrire (en poésie) depuis l’enfance" dispensé par Louis-Philippe Dalembert, titulaire de la Chaire d'écrivain en résidence du Centre d'écriture et de rhétorique de Sciences Po au semestre de printemps 2021.
Ici, on lit et on écrit des histoires courtes
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