Souvenir
1 min
Coquelicot
Hortense Martin
Je me souviens de cette rame de métro humide qui transportait ce qui reste des humains en fin de journée : des petits paquets de nerfs tendus, enfermés dans d’étroites cabines embuées.
À l’intérieur, on devinait que dehors il pleuvait à grosses larmes, de celles contenues des jours par le ciel en cette fin d’été. La fatigue exacerbait toutes les sensations. Les néons criards brûlaient les yeux. Le grincement des freins était strident. Le ballotement continu retournait l'estomac. La violence au bout des doigts, je luttais contre l’irrépressible envie de faire exploser les vitres en un feu d’artifice de débris de verre. On pourrait enfin respirer.
Dans la marée de cous moites, il y avait le sien, penché, et ses yeux concentrés. Elle lisait.
Et c’était comme un coquelicot au milieu du béton.
À l’intérieur, on devinait que dehors il pleuvait à grosses larmes, de celles contenues des jours par le ciel en cette fin d’été. La fatigue exacerbait toutes les sensations. Les néons criards brûlaient les yeux. Le grincement des freins était strident. Le ballotement continu retournait l'estomac. La violence au bout des doigts, je luttais contre l’irrépressible envie de faire exploser les vitres en un feu d’artifice de débris de verre. On pourrait enfin respirer.
Dans la marée de cous moites, il y avait le sien, penché, et ses yeux concentrés. Elle lisait.
Et c’était comme un coquelicot au milieu du béton.
Ici, on lit et on écrit des histoires courtes
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