Chagrins d’argile

Magalie DANICAN

Magalie DANICAN

J'aimerais tant qu'il pleuve.
Qu'il pleuve enfin une de ces pluies de fin d'été,
Une pluie fraîche et entêtée,
Butin divin de la joute impétueuse du ciel et du vent
Dont le vainqueur est la terre, uniquement.
Et nus pieds sur des chagrins d'argile,
Clapotant gaiement
Je sentirais l'humidité ensorcelante d'une nuit aux tropiques,
Je sentirais, les bras étendus au firmament, les scories d'eau filer,
De la terre aux racines de mon corps.
Dans l'obscurité sans étoiles,
Il n'y aurait ni peur, ni misère, ni honte, ni danger.


Il pleut.
Une pluie frénétique, Un flot-roi.
Oui, il pleut.
Enfin.


Ce texte a été rédigé par un(e) étudiant(e) ayant participé à l'atelier d'écriture de création "Écrire (en poésie) depuis l’enfance" dispensé par Louis-Philippe Dalembert, titulaire de la Chaire d'écrivain en résidence du Centre d'écriture et de rhétorique de Sciences Po au semestre de printemps 2021.

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